La Tunisie s’islamise à la vitesse de la lumière

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Après « nous les attendions par devant, ils nous ont surpris par derrière », voici la dernière des maximes «le plan de sécurité était prévu pour le premier juillet», présumant une fin de phrase du genre « le terroriste n’a pas été à l’heure », car avant l’heure n’est pas l’heure. N’est-ce-pas monsieur le président ?

Pendant ce sale temps, le ministre de l’intérieur avait une autre révélation qui détrônait ces précédentes du « Tanit » du meilleur scénariste : « il y avait des parties qui ont intentionnellement créé un vide sécuritaire permettant au terroriste de perpétrer son attentat ». Ce qui insinue que cette partie est officielle, pour qu’elle puisse créer ce vide sécuritaire, et que le monsieur ne peut pas la citer et encore moins la traduire en justice.

Et quelle justice me direz-vous ? Celle dénoncée par les militaires et par quelques corps de la police qui remettait les terroristes en liberté ou celle qui n’a jugé aucun des 9000 emprisonnés ? Mais il y a mieux du côté du secrétaire général du premier parti au pouvoir : « il faut créer des milices populaires pour traquer les terroristes ». Une sorte de LPR 2, le retour.

Un détail au passage, cette déclaration a été faite par l’intéressé en tant que conseiller politique auprès du Président de la République, faisant entièrement partie de son cabinet, voire même en tant que ministre au black des affaires étrangères durant les vacances à l’étranger. Tout ça n’est qu’un détail, dirait l’autre. Des questions chers lecteurs ? Ou plutôt une indignation ?

Ni l’une ni l’autre. Le peuple ne répond plus. Sa société civile inexistante, malgré sa surabondance d’associations, n’a jamais été indépendante et libre. Tout comme ses bazars politiques qui ne représentent que leurs militants. Le peuple assiste impuissant à un spectacle aussi affligeant que meurtrier. Il n’est pas structuré, il n’est pas encadré et il n’est pas représenté.

Son explosion sera destructrice à tous les niveaux. Et pour le peu qu’on l’a invité à choisir, il s’est trouvé, à tous les coups, trahi par les faux choix qu’on lui a présentés. Nous sommes dans le naturel des choses, puisqu’il n’a participé aucunement à l’élaboration des choix et n’a exigé et par conséquent n’a bénéficié d’aucune garantie. Plusieurs millions de dinars ont afflué de l’étranger afin d’assurer la mascarade des élections de 2014.

C’est la cour des comptes qui vient de le dévoiler tout en accusant la Banque Centrale d’avoir mis en place zéro dispositif de contrôle. Ce cher zéro aux arabo-musulmans ne finit pas de les enturbanner. Ce n’est toujours qu’un détail. Le problème est beaucoup plus profond. Mais il va du bon sens de se focaliser sur l’urgence, celle de la guerre contre le terrorisme.

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Elle ne sera pas possible avec ces acteurs aux trois pouvoirs. Ils sont les mêmes depuis 2011 et nous ont fait subir les mêmes résultats qui s’empiraient d’année en année. Deux trimestres passés seulement de notre cinquième année terrorisme et le record des civils tués par ce fléau a déjà explosé toutes les prévisions. On est à 15 fois le total des quatre années précédentes. Le plus incroyable dans cet incroyable est le peuple lui-même.

Un cadavre en état de mort comme disait l’un des Chlekas des sept gouvernements qui se sont relayés auprès de ce comateux. Encore sous l’effet anesthésique du vote utile, aggravé par l’hypoglycémie ramadanesque, il n’est pas prêt de se réveiller. Le haut conseil islamique le sait. Il profite de l’occasion et émet sa première Fatwa takfiriste à l’encontre de Youssef Seddik en plein nettoyage des mosquées takfiristes.

Une deuxième dans l’histoire de la Tunisie après celle émise contre Tahar Haddad, mort en 1935. Quatre-vingts ans après, cherchez l’erreur, vous ne la trouverez jamais. Elle s’est effacée par la gomme utile. Le terrorisme se territorialise à la rapidité d’un éjaculateur précoce et la Tunisie s’islamise à la vitesse de la lumière. Entre temps, 600 Sherlock Holmes piétineront la dignité du tunisien agonisant. Le brique à l’œuf n’attendra pas. Bon appétit à tous.

Par Seif Ben Kheder/01 Juillet 2015

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