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Tunisie. Enseignement supérieur : un travail de toilettage nécessaire

Un immense travail de « nettoyage » doit être fait au niveau des diplômes de licences, de masters et de doctorats offerts. Beaucoup de filières sont créées pour faire plaisir aux enseignants et afin de leur trouver des enseignements à assurer.

Au lieu de faire le travail de reconversion et de recyclage nécessaire, ils exigent aussi, le maintien de filières qui mènent au chômage des étudiants et continuent à assurer les cours « jaunis » qu’ils dispensent depuis des décennies. Les syndicats ménagés par tout le monde et notamment par les présidents d’universités, ne font qu’appuyer cette dérive car ils n’ont pour souci que de plaire à leur « clientèle » et à leurs bases électorales.

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Beaucoup de doyens, de directeurs et de chefs de départements, tirent fallacieusement orgueil du nombre de filières généralement bidon, qu’ils offrent. Quand ils sont convaincus de l’absurdité de certaines pratiques, ils ne font rien car ils sont eux aussi otages de leurs électorats. Il vaut mieux former de futurs chômeurs que de déplaire aux collègues.

Beaucoup de masters ne fonctionnent qu’avec des vacataires, beaucoup de masters sont autorisés car les établissements présentent des listes bidons de professeurs agrégés venant d’autres établissements, afin d’obtenir leur agrément.

Des établissements qui offrent des dizaines de masters ne devraient en réalité, et selon les critères académiques mondiaux, n’en offrir que 5 ou 6. Les masters sont devenus des garderies d’étudiants.

Beaucoup de cycles doctoraux devraient être supprimés faute de quorums de professeurs, beaucoup de cours doctoraux ne sont pas assurés, beaucoup de thèses ne devraient pas être soutenues, beaucoup de complaisance existe entre les professeurs qui fonctionnent selon la règle « passe moi mes doctorants, je te passe les tiens ». Beaucoup de pseudo-articles scientifiques sont publiés moyennant finance, dans de fausses revues, simple boites aux lettres.

J’interpelle tout le monde afin de mettre un terme à cette catastrophe qui s’annonce. Nous risquons de couler tous et de connaitre le triste sort de l’enseignement secondaire public.

Voici la réalité, je défie tout le monde de la nier. Ceci dit, personne n’est Individuellement responsable. Nous le sommes tous.

Par Chokri Mamoghli, universitaire et Docteur en Finance de l’Université Paris-Dauphine, Professeur à l’Université de Carthage (IHEC), fondateur et ancien doyen de la faculté des sciences juridiques et ancien Secrétaire d’Etat.

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