Lettre d’un enfant de 4 ans à ses parents

« Papa, maman… Je vous regarde aller depuis 4 ans, et je sais bien que ce n’est pas toujours facile d’avoir des enfants. Je voulais juste vous dire que vous n’avez pas besoin d’en faire autant pour me « développer »; que la vie est bien faite et qu’elle a prévu tout ce dont j’ai besoin pour grandir.

Ne vous inquiétez pas tant si je marche plus tard que l’enfant de la voisine ou si je ne fais pas de phrases complètes à 2 ans! Ce n’est pas une course, c’est une fabuleuse randonnée! Laissez faire les chartes de croissance, les courbes de développement et les percentiles; ceux qui les ont établis ont oublié comment dessiner un chat bleu et voir un éléphant caché dans un nuage. Je ne suis pas en train de réussir ou d’atteindre des objectifs. Je suis en train de secouer mes ailes pour les ouvrir délicatement et finir par m’envoler!

J’ai moins besoin de jouets « éducatifs » que de me rouler par terre avec vous et de faire un concours de grimaces. J’ai moins besoin de « stimulation » que d’une place où je peux dessiner un soleil bleu et un bonhomme à quatre bras.

Le meilleur « indicateur » pour ma réussite scolaire, c’est le nombre de fois où on se sera collés pour lire une histoire ou rire ensemble à en avoir mal au ventre parce que papa fait l’idiot. Pas les exercices de calcul que vous aurez achetés à la librairie. Même si l’aspirateur n’a pas été passé dans le salon. Même si je n’ai pas mangé tous les légumes que vous avez si joliment placés dans mon assiette. Il faut que je vous dise qu’être l’enfant le plus intelligent ou le plus talentueux de sa classe n’a jamais eu un quelconque lien avec être le plus heureux.

Et mon bonheur?

Le bonheur ne me vient pas de tous ces jouets que vous accumulez pour moi, mais de la liberté que j’ai de jouer comme je veux… en me salissant à faire des gâteaux de boue pour les fées que j’ai invitées à dîner; en faisant de la musique avec vos casseroles pour accompagner les hurlements du chien; en cuisinant avec vous alors que ça prend trois fois plus de temps que si je n’y étais pas et en en mettant partout! Le bonheur, c’est de vous offrir, émerveillé, la limace que je tiens dans ma petite main d’enfant.

Mon bonheur d’enfant vient de toutes ces fois où mon regard a plongé dans vos yeux pour y lire qu’un verre de lait renversé n’est pas si grave; que vous m’aimez même quand je ne suis ni calme ni bien élevé! Le bonheur vient de me sentir en sécurité avec vous, et ce n’est pas le siège de voiture à 500 $ qui me fait vivre ça. C’est le soin que vous prenez de moi, même quand je mords ma petite sœur; même quand je disparais en courant dans le centre d’achats alors que vous n’avez pas le temps de courir après moi; ou quand je pleure sans pouvoir m’arrêter parce que mon ami m’a traité de « carotte atomique ».

Vous êtes de bons parents

Je voulais juste vous dire que vous pouvez arrêter d’avoir peur de me rater. Vous êtes de bons parents. La vie est puissante et bien faite. Vous avez tout ce qu’il faut pour faire la fabuleuse randonnée avec moi et je suis tellement, tellement heureux de la faire avec vous. Je ne voudrais la faire avec personne d’autre.

Tiens, je vous ai préparé un bon gâteau de boue! Vous en voulez un morceau? »

Ce texte a été originalement publié sur le blogue de France Paradis.

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