L’image de la Tunisie ne dépend pas d’un discours

L’allocution du Gouverneur de Sousse hier à Nice a certainement choqué quelques uns et je trouve ça un peu disproportionné car l’objectif de cette apparition n’était pas pour exposer une leçon de lexique ou de sémantique mais plutôt de transmettre un message de solidarité au peuple Français avec les moyens linguistiques dont M. Chlioui disposait.

Poussé peut être par un individualisme un peu démesuré Le Gouverneur de Sousse aurait pu répéter son texte plusieurs fois avant de le prononcer ou le confier à quelqu’un qui maitrise mieux que lui la langue de Molière et le lire en son nom.

Il a surement été impressionné par la qualité ahurissante de l’organisation, une aptitude qui continue à nous échapper de plus en plus ces dernières années, et épaté par la solennité accordée à un tel événement alors que chez nous la commémoration en hommage aux victimes de Sousse et du Bardo a subit un black out médiatique et gouvernemental.

L’image de la Tunisie ne dépend pas d’un discours en langues étrangères énoncé d’une telle ou telle personne mais plutôt d’une présence morale et physique dans les grandes manifestations de la planète.

M. Chlioui assume le rôle du Gouverneur de Sousse et fait un travail méritoire, louable et jouit d’un soutien presque total de la population de la perle du Sahel. Le blâmer pour avoir mal prononcé une tirade en langue étrangère, relève de la méconnaissance et de l’incompréhension.

Par contre ce qui m’a le plus agacé et irrité c’était le sourire moqueur entaché de mépris et d’irrévérence de Nicolas Sarkozy pendant que notre représentant édictait son discours.

Voir cet individu au premier rang de la tribune présidentielle pour rendre hommage aux victimes de terrorisme me révolte. Lui, dont les mains sont maculées du sang arabe, est responsable en bonne partie de l’anéantissement de l’Etat Libyen.

Cette séquence est passée inaperçue par les détracteurs du Gouverneur de Sousse et par ceux qui voient que l’image de la Tunisie réside dans la maitrise de la langue Française et qui se sont senti déshonoré par la manière dont M. Chlioui a prononcé son discours. Je pense que le chemin est encore long pour atteindre un civisme semblable à celui des peuples dits évolués.

Par Mohamed Abbes

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